Il y a quelques semaines, nous avons eu le privilège de recevoir une série de photographies d’archives inédites retraçant une partie de l’histoire de SAPMER. Ces clichés rares ont été découverts par Catherine Perrier-Dumont, au fil de ses recherches consacrées à son oncle, Jean-Pierre Denivelle (1937-1960), membre de la onzième mission sur l’île d’Amsterdam.
En avril 1959, Jean-Pierre Denivelle, alors génie militaire, débarque sur l’île de la « Nouvelle Amsterdam », nommée ainsi jusqu’en 1965, avant de prendre le nom que nous lui connaissons aujourd’hui d’île Amsterdam.
Sa mission : participer aux travaux de construction, d’aménagement et d’amélioration de la base. Quelques mois plus tard, en décembre, il prend part à une campagne de pêche et immortalise, à travers son objectif, des scènes qui constituent un témoignage rare et précieux des premières expéditions de la SAPMER.
Sur ces images sont présents l’équipage du SAPMER, un cargo frigorifique de 62 mètres transformé en langoustier-congélateur et baptisé au nom de notre armement. Ce navire incarne déjà une innovation majeure : la conservation des pêches par congélation, et non plus dans le sel. Une véritable révolution technologique pour l’époque, qui garantit encore aujourd’hui la qualité exceptionnelle des langoustes australes.
L’équipage du SAPMER était composé d’une cinquantaine de marins avec à son bord huit embarcations à moteur de 8 m en fer servant à rejoindre les zones de pêche et à relever les casiers, méthode de pêche déjà en vigueur à cette époque.
Depuis 1955, l’administration des Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF), dont dépend l’île d’Amsterdam, a mis en place un cadre de gestion strict en collaboration avec le Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN) de Paris. Des quotas annuels encadrent la pêcherie de langouste australe, la saison de pêche est limitée à l’été austral, et l’utilisation de casiers sélectifs vise à protéger les juvéniles et à garantir la pérennité de la ressource.
À travers ces photographies de Jean-Pierre Denivelle, ce sont ainsi les premiers pas de la grande aventure de la SAPMER qui refont surface. Un témoignage unique de l’engagement et de la passion des pionniers qui ont bâti les fondations de la pêche responsable et durable telle que nous la pratiquons aujourd’hui.
Jean-Pierre Denivelle disparaîtra tragiquement sur l’île d’Amsterdam en janvier 1960, mais ses images demeurent. Elles offrent une mémoire précieuse d’une époque fondatrice, à la croisée de l’histoire maritime, scientifique et humaine.
Nous tenions à remercier Madame Perrier-Dumont pour le partage de ce précieux patrimoine visuel.
En complément de ce témoignage visuel, découvrez aussi l’interview de Roger Le Bellec qui a pêché la langouste australe dans les TAAF durant de nombreuses années :



